Brampton est là, et on écoute

Paige F.et Marilyn V.sont toutes deux originaires de Brampton et se sont rencontrées aux Héritières du suffrage (HDS) en 2017. Aujourd’hui, elles font partie de l’équipe de direction de Vision Brampton, organisation de défense des intérêts gérée par des jeunes. Elles nous ont parlé de #BramptonsHere, la campagne qu’elles ont menée durant les élections municipales pour promouvoir l’engagement civique en tant que vecteur d’équité.

Comment vous êtes-vous rencontrées et d’où est venue l’idée de la campagne #BramptonsHere?

Paige : Nous nous sommes rencontrées aux HDS en 2017. Nous venons toutes les deux de Brampton, et notre frustration envers les systèmes de pouvoirs nous a rapprochées. À Brampton, comme dans la plupart des grandes villes, il y a des enjeux de gouvernance en matière d’équité, et certains politiciens locaux tiennent des propos problématiques que nous trouvons inacceptables comme citoyennes et citoyens. Il y avait tellement d’obstacles auxquels nous voulions nous attaquer que nous avons décidé d’unir nos forces et de travailler ensemble pour susciter des changements sur le plan de l’équité.

Marilyn : Un puissant réseau s’est développé entre les déléguées des HDS originaires de Brampton. Nous avons passé beaucoup de temps dans des cafés et dans nos voitures à élaborer des stratégies pour entraîner des changements dans la communauté. À Brampton, les personnes de couleur constituent la majorité de la population, soit 75 %, mais ça ne se reflétait pas au conseil municipal. Le taux de participation aux élections municipales de 2014 n’a été que de 36 %. Avec notre campagne, nous voulions engendrer des progrès et envoyer le message que Brampton est là et qu’on écoute.

Quel était le but de la campagne, et quelles activités avez-vous réalisées?

P : Notre approche comportait deux volets. Nous avons mené une campagne sur les médias sociaux, où on diffusait de l’information accessible sur le processus électoral et les enjeux municipaux. Nous avons aussi donné des présentations devant des groupes communautaires. Le processus politique au niveau local ou municipal à Brampton était obscur pour nous et pour beaucoup d’autres et c’était difficile d’obtenir de l’information. Notre ville manque de vrai journalisme d’enquête. Ni Marilyn ni moi n’avions déjà voté au niveau municipal, alors nous voulions nous informer et partager ce que nous trouvions aux autres électeurs et électrices.

Quand vous repensez à votre campagne, de quoi êtes-vous le plus fières?

P : Nous avons établi un partenariat avec un organisme communautaire et obtenu une participation au plus grand débat électoral de la ville. Marilyn a eu la chance de poser des questions sur l’équité aux candidats, et ils ne s’attendaient pas du tout à nous parler! 

M : C’est important de mentionner que les gens ne nous ont pas prises au sérieux immédiatement. Je suis fière d’avoir milité auprès des organisateurs du débat pour qu’une déclaration de reconnaissance des territoires soit prononcée pour la première fois. C’était important que le public l’entende.

Avez-vous un conseil à donner aux déléguées des HDS 2019 tandis qu’elles commencent à penser à des initiatives communautaires?

M : Faites vos recherches -- si vous voulez engendrer des changements, vous devez être informées. Par exemple, dans le cadre de nos recherches, nous avons trouvé que certains élus avaient gagné par une faible majorité. Ça nous a permis d’être beaucoup plus convaincantes quand nous parlions aux gens à propos des questions importantes et du pouvoir que les nouveaux électeurs pouvaient avoir collectivement. Nous avons vraiment eu à fouiller parce que l’information sur le milieu municipal était très difficile à obtenir par nous-mêmes.

P : J’ai appris qu’un groupe de personnes engagées avait du pouvoir. Si vous cherchez sérieusement à vous bâtir une communauté, vous trouverez d’autres gens comme vous qui veulent passer à l’action. Ce genre de regroupement génère un pouvoir démocratique.