À voix égales accueille avec plaisir les recommandations du Comité sur la réforme électorale qui faciliteraient l’élection de plus de femmes à la Chambre des communes

La recommandation du Comité sur la réforme électorale de récompenser ou pénaliserr financièrement les partis en fonction du nombre de candidates qu’ils présentent aux élections est un mécanisme positif et concret pour accroitre la participation des femmes en politique

electoral-reform-image.jpgOTTAWA, le 2 décembre 2016 – À voix égales est encouragée par le rapport du Comité spécial sur la réforme électorale qui recommande clairement d’aborder le problème du faible nombre de femmes élues à la chambre des communes. Toutefois, même si ces recommandations sont éventuellement mises en œuvre, il reste beaucoup de travail à faire pour accroitre rapidement la représentation des femmes au Parlement.

À voix égales soutient la recommandation du Comité qui suggère d’amender la Loi électorale du Canada en vue de créer pour les partis politiques une incitation financière à présenter plus de candidates aux élections. Si elle est mise en œuvre, cette recommandation servirait de mécanisme positif et concret pour motiver les partis à viser la parité de leurs nominations.

«À titre d’organisation nationale multipartis, À voix égales se réjouit de voir un rapport dépassant les allégeances politiques qui inclut un mécanisme tangible voué à garantir la nomination et l’élection de plus de femmes», déclare Nancy Peckford , Directrice générale d’À voix égales.

«Il n’existe aucune preuve que l’électorat exerce une discrimination à l’égard des femmes au bureau de scrutin. Nous sommes convaincues que des mesures proactives destinées à accroitre le nombre de candidates au palier fédéral mènera à une augmentation significative du nombre de femmes à la Chambre des communes.»

À voix égales félicite également l’accent que met le rapport sur certains des obstacles que doivent surmonter les femmes pour devenir candidates, même lorsqu’elles sont recrutées. Ces obstacles comprennent notamment le coût souvent élevé de la course pour l’investiture en l’absence de réseaux robustes et bien financés. Traditionnellement, les hommes ont eu un meilleur accès à ces réseaux, tout en n’ayant pas à subir le fardeau disproportionné du soin des enfants, s'il y a lieu. Ils n’ont pas non plus à s’acquitter des investissements nécessaires dans la coiffure et la garde-robe, qui sont considérables pour les candidates.

Le nouveau système électoral

Alors que le Comité n’a pas recommandé de système électoral en particulier pour remplacer le mode de scrutin majoritaire uninominal à un tour actuel, il a suggéré d’offrir à la population canadienne l’occasion de choisir (ou non) une forme de représentation proportionnelle dans le cadre d’un référendum national.

Les supporters de la représentation proportionnelle soulignent fréquemment les avantages innés de ce système en matière de représentation politique des femmes. On présume souvent que les systèmes proportionnels assurent automatiquement l’élection de plus de femmes. Cependant, À voix égales croit que cette hypothèse équivaut à une sursimplification.

Dans son mémoire au Comité, Grace Lore, chercheuse principale d’À voix égales, a encouragé ce dernier à examiner comment les divers systèmes électoraux vont affecter les femmes dans la politique canadienne. Selon elle, la « représentation proportionnelle » ou la « représentation politique des femmes » ne sont pas des concepts homogènes. Les particularités de tout système proposé auront des conséquences importantes, tant sur le nombre de femmes élues que sur ce qu’elles pourront faire une fois en poste.

À voix égales encourage le Comité, la ministre Monsef et l’ensemble des député-e-s de la Chambre des communes à examiner de bien près les répercussions sur la représentation des femmes, quel que soit le système électoral. Les mécanismes d’un système proportionnel, si tel était le choix de la population canadienne, sont également, sinon encore plus importants, que le principe de proportionnalité.

La participation des femmes au processus de consultation

Il est clair que ce processus est loin d’être terminé. Les membres libéraux du Comité ont d’ailleurs présenté un avis minoritaire divergent suggérant que leurs collègues procédaient trop rapidement et sans posséder suffisamment d’éléments de preuve ou de soutien du public. De plus, la consultation de la ministre Monsef est toujours en cours avec des centaines de milliers d’invitations à répondre à un sondage électronique n’ayant pas encore rejoint tous les foyers canadiens.

On a énormément mentionné les effets des systèmes électoraux sur la représentation des femmes dans notre Chambre des communes, mais À voix égales se pose des questions au sujet de la consultation des femmes dans le processus même cette consultation. À la suite de la discussion, les voix des femmes doivent occuper le devant de la scène.

  • Moins du tiers des témoins du Comité sur la réforme électorale étaient des femmes, et celles-ci étaient encore moins bien représentées parmi les personnes invitées à présenter leur opinion d’expert.
  • Moins d’une personne sur cinq ayant présenté des commentaires écrits et moins d’une sur trois ayant répondu au sondage électronique étaient des femmes.

Autrement dit, les femmes n’étaient pas mieux représentées dans ce processus qu’elles le sont à la Chambre des communes. Nous pouvons et devons faire mieux pour le cheminement à suivre.

Lors de l’élection 2015, seulement le tiers des candidats étaient des femmes et dans près du tiers des circonscriptions (97) les trois principaux partis ne présentaient pas de candidates.

Dans 57 circonscriptions, les cinq partis dominants ne présentaient pas de femmes (incluant le Parti vert et le Bloc québécois).

Avec seulement 26% de femmes à la Chambre des communes, le statu quo est inacceptable.

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Contacts:

Nancy Peckford: npeckford@equalvoice.ca, 613.854-9793;

Catherine Fortin-LeFaivre: Catherine@equalvoice.ca, 613.979.8683